Histoire de Montataire
Les origines
Montataire a été habitée au moins depuis le mésolithique (période moyenne de l’âge de pierre entre le paléolithique : âge de la pierre taillée et le néolithique : âge de la pierre polie).
Les Romains y ont établi un camp sur le plateau qu’ils ont appelé Mont-du-Thérain. (Mons as Tharam). Il apparaîtrait que Jules César (-100 à -44 avant J.-C.) ait séjourné avec ses troupes sur le territoire de Montataire.
De l’époque gauloise, une torque d’or a été découverte à Montataire. Elle figure aujourd’hui au cabinet des médailles de la Bibliothèque nationale. Ce bijou appartenant à un dignitaire gaulois a été mis au jour par des ouvriers qui travaillaient à la construction de la voie ferrée inaugurée par le baron de Condé en 1846.
Des fouilles ont également permis de découvrir un cimetière mérovingien (Ve siècle après J.-C. (autour de 450-500)) regroupant 292 sépultures du Ve au VIIe siècle. Des sarcophages sont toujours visibles au-dessus de la fontaine du jubilé.

Sarcophages mérovigiens

La Fontaine du Jubilé et les Sarcophages
XIe siècle : Construction du château et de l'église
Au XIe siècle, Hugues de Clermont fait construire le château et l’église qui seront remaniés à plusieurs reprises. Au XIIe siècle, le château est fortifié et un mur d’enceinte est bâti autour de la ville pour se protéger des attaques. À partir du XVe siècle les Madaillan acquièrent le château, le reconstruisent, bâtissent les écuries puis l’embellissent.

Le grand Château

La Collégiale
En 1846, le baron de Condé achète le château, le restaure et en écrit l’histoire.
Vers 1095, Pierre l’Ermite aurait séjourné à Montataire, dans une maison troglodytique, peu avant son départ pour la première croisade, à laquelle participait Renaud de Montataire, qui fit fortifier le château et construire l’église.

Habitat trogloditique aux Tufs
XIVe siècle : la révolte paysanne des Jacques
En mai 1358 a lieu la Jacquerie, révolte paysanne qui durera un mois. Elle est menée par Guillaume Calle qui établit son quartier général à Montataire. Ce soulèvement contre la noblesse devait gagner près de 15 départements actuels et se soldera par la mort de 20 000 paysans.
Après la Révolution, les murs d’enceinte de la ville sont détruits.
Si, à Montataire, on vit de la culture, de l’élevage et du commerce, comme partout en France, le XIXe puis le XXe siècle sont ceux de l’industrialisation. On peut citer notamment des fabriques de boutons, de sabots, de chaussettes, de lunettes, de corsets, de cidre, une papeterie…
Montataire dans la Nouvelle histoire de Paris (1841)
La commune est ainsi décrite en 1841 dans la Nouvelle histoire de Paris de Julien de Gaulle : « Montataire est situé sur une montagne presque vis-à-vis de Creil. Ce village se montre aux yeux du voyageur de la manière la plus pittoresque. De ce lieu on jouit d’une des plus belles vues de la contrée, et peut-être de la France. Le Thérain, ruisseau qui va se jeter dans l’Oise à un quart de lieue de Nogent, baigne le pied de la montagne. Le château, situé au sommet de la montagne, est dans une position extrêmement agréable ; il fut construit dans le XIIIe siècle. Henri IV venait souvent y visiter les Lesparre de Madaillan.
On voit encore auprès du village des portes et des vestiges de vieilles fortifications ; quelques parties des anciens murs subsistent encore. Si l’on juge de la ville par son ancien cimetière, son étendue était considérable. Elle était habitée par beaucoup de protestants, avant la ligue ; deux tombes de plomb des Madaillan se voient encore dans le château. On assure que c’est dans l’église de Montataire que l’ermite Pierre fit ses premiers sermons pour exciter à la croisade».
L'industrialisation

La centrale électrique de l’Usine des Forges, au début du XXe siècle, avec sa machine à vapeur (au fond) alimentant une dynamo, à droite.
En 1792 est créée l’usine qui, rachetée par les frères Mertian, deviendra l’Usine des Forges puis, successivement, la société des ponts et travaux en fer d’Henri Joret, Usinor, Sollac puis Arcelor, usine sidérurgique.
De nombreuses industries s’implantent à Montataire, notamment : Cima Wallut qui produisait des machines agricoles, Brissonneau et Lotz devenues par la suite Chausson où étaient fabriqués des véhicules automobiles et des locomotives, l’usine Still-Saxby où sont fabriqués des chariots élévateurs, les établissements Voirin devenus Harris-Marinoni, puis Heidelberg et enfin Goss International, spécialisés dans la fabrication de rotatives…
Le développement de ces entreprises et le besoin de main-d’œuvre constant ont entraîné un accroissement de la population important, d’où l’expansion de nouveaux quartiers.
Ce furent tout d’abord les cités Mertian et Louis Blanc vers 1880, puis les cités Jules Uhry, Jules Guesde, Jean Biondi et enfin le quartier des Martinets dans les années 1960.
La ville est desservie en 1882 par la ligne de Creil à Beauvais en gare de Montataire, facilitant les déplacements et favorisant le développement économique.
Cartes postales de Montataire, généralement des années 1900-1914

Le quartier de la gare

La gare
Montataire est frappée par une série de restructurations et de fermetures d’usine dans les années 1990-2000, qui plonge l’agglomération dans la crise : fermeture définitive de l’usine Chausson en 1996, restructuration de l’usine Arcelor en 2004, restructuration de Goss, fermeture de Still-Saxby en 2012, poussant le taux de chômage local à des niveaux record (22 % en 2010, et 50 % parmi les jeunes de moins de 25 ans).
En 2010, le groupe ArcelorMittal, malmené par la crise économique mondiale, cherche à revendre le château. Le château, en mauvaise état, est finalement racheté en 2012, par les actuels propriétaires, François-Xavier Bernet et sa fille Marie-Astrid. Ils continuent sa restauration depuis tout ce temps.
Le XXe siècle et ses conflits
Lors de la Seconde Guerre mondiale, les troupes allemandes occupent la ville, les usines, le château, et les Jeunesses hitlériennes l’école Joliot-Curie. Les habitants de Montataire se sont illustrés, nombreux, dans la Résistance à l’État nazi. Maurice Mignon, « le colonel Théo » dirige le détachement Valmy qui regroupe les résistants des villes de Montataire, Nogent, Creil et ses environs. Beaucoup furent déportés à cause de leur appartenance à des réseaux de résistance, pour sabotage, mais aussi pour raisons politiques.
Pendant la guerre d’Algérie, les habitants et le conseil municipal expriment, dès 1961, leur opposition au conflit, réclament des négociations pour l’autodétermination et pour le cessez-le-feu qui sera effectif le 12 mars 1962.