Moulin à blé, Filature de laine,… ,Brasserie Gryson

Ancien moulin à blé, puis filature de laine, devenue usine de matériel d'équipement industriel, puis usine de quincaillerie (détruit)

Hauts-de-France, Oise Montataire
3bis Rue de Condé, rue Robert-Trin

Historique

En septembre 1800, Loison acquiert de Madame Gouge des terres situées sur le canal de dérivation du Thérain. Il y fait construire un « petit » moulin qu’il agrandit. En juin 1805, Dastier dépose une plainte contre Loison qui a agrandi les deux ponts situés près des moulins Dastier ainsi que le canal de dérivation et a supprimé l’abreuvoir municipal. Le moulin à blé est repris en 1816 par Petitjean et Meugin qui y établissent une filature de laine peignée, mérinos et duvet de cachemire pour la confection de châles et d’étoffes. Les cardes et les étirages sont installés dans le bâtiment du moulin et les métiers de filature dans des granges tranformées en ateliers. Au début de la décennie 1820, Petitjean, inventeur de deux machines pour doucir et polir les glaces transforme la filature de laine en atelier de fabrication de machines qu’il vend notamment à la manufacture royale de Saint-Gobain. Une fonderie de fer et de cuivre est ajoutée aux ateliers et Petitjean et Meugin spécialisent leur activité dans la fabrication de machines de construction mécanique. Ente 40 et 60 ouvriers travaillent dans l’usine. La matière première employée provient des forges du Cher, de la Haute-Marne et du Jura. A partir de 1823, Petitjean et Meugin protestent contre le maintien des deux poncelets qui entravent l’écoulement des eaux. En juillet 1825, un brevet d’invention est déposé dans un premier temps par les deux industriels puis par Meugin seul pour un mécanisme propre à la fabrication de clous d’épingles dits pointes de Paris. Mais l’année suivante, alors que la justice n’a toujours pas tranché au sujet des deux poncelets, l’usine Petitjean-Meugin est en faillite. Le moulin, ses dépendances ainsi que les terres sont vendus à la fin de cette même année à Henri Rey qui les revend en décembre 1827 à Louis Mertian. Les bâtiments de l’usine sont détruits probablement à cette époque. En 1867, le baron de Condé demande la remise en activité d’un bélier hydraulique existant sur sa propriété au bord du Thérain afin d’alimenter le château et les jardins en eau. Il souhaite effectuer une prise d’eau de 25 m3 par jour. Henri Gryson installe une brasserie de cidre près de cet emplacement en 1883 (voir IA60000045). Cet aménagement est aujourd’hui comblé (la rue Robert-Trin en suit le tracé), le bélier hydraulique détruit, mais l’appellation « le bras du bélier » est longtemps restée.

Ancienne brasserie Gryson à Montataire

Historique

En 1883, Eugène Henri Gryson établit une brasserie de cidre et de bière du Nord à fermentation haute sur une dérivation du Thérain appelée le bras du bélier. Cette brasserie s’inscrit dans la continuité des établissements implantés depuis le début des années 1880 dans le bassin creillois (brasserie de l’Union à Creil fondée en 1882). Il installe une conduite d’eau qui rejette dans le bras principal de la rivière les eaux provenant de la brasserie. Une maison d’habitation, une halle et des magasins sont construits rapidement après cette demande. En 1896, Eugène Henri Gryson rétablit une roue hydraulique qui apporte une force motrice de deux chevaux pour actionner une pompe. La brasserie est agrandie en 1916 et 1918 par Marcel et Paul-Henri Gryson. Elle est reprise par Albert Drouin dans les années 1930. L’activité de la brasserie cesse au début des années 1950. Certains ateliers sont repris par des entreprises comme la société Emball-Plastic qui installe un atelier pour la fabrication d´objets en plastique par moulage à chaud en 1954. Entre 1988 et 1990 l’immeuble abritant les anciens bureaux de la brasserie et l’espace occupé par les ateliers sont aménagés par la ville de Montataire qui en est propriétaire. La quasi totalité des ateliers de fabrication en brique, pans de bois et pierre ont été détruits laissant place à un parking. Seuls sont encore visibles le bâtiment des bureaux occupés par un logement et une association et le petit atelier de fabrication.

Description

Le bâtiment des bureaux est construit en brique rouge sur rez-de-chaussée surélevé, deux étages carrés et un étage de comble. Il est couvert d’une toiture en tuile mécanique à longs pans et croupe brisée. Le passage d’un étage à un autre est souligné par une chaîne horizontale portant bandeau en brique rouge et blanche. Les chaînes d’angle alternent également une rangée de brique rouge et une rangée de brique blanche. Les linteaux des fenêtres et des portes sont décorés de motifs en céramique vernissée fabriqués à Beauvais. L’accès au bâtiment se fait sur le côté par un escalier en fer à cheval à une volée. L’entrée est couverte par une marquise en verre qui couvrait à l’origine toute la longueur de la façade. Les balconnets en fer forgé remplacent les balcons en bois d’origine. Sur les cheminées, les lanternes ajourées en terre cuite complètent la décoration extérieure du bâtiment A l’intérieur du bâtiment des bureaux les étages sont desservis par un escalier en bois. Le hall d’entrée comporte une cheminée en céramique vernissée. L’atelier de fabrication qui subsiste en rez-de-chaussée est construit en maçonnerie enduite couverte d’un toit à longs pans en tuile mécanique. Le bâtiment principal porte une plaque émaillée avec le nom de l’architecte H. (Henri) Mahon, exercant à Creil à la fin du 19e siècle et au début du 20e siècle.

Documentation :

Photothèque :