De Chausson aux Marches de l'Oise...
Ancienne fonderie de cuivre Fondu et Laverne, puis usine de construction mécanique Brissonneau et Lotz, puis Chausson (détruit)
Hauts-de-France, Oise Montataire
100, 105 rue Louis-Blanc

Historique
En 1903, Fondu et Laverne créent une fonderie de cuivre et un atelier de construction rue Louis-Blanc. Le site de production composé d’ateliers, de bureaux, d’un réfectoire, de maisons, d’une écurie et d’une remise est repris par la Société Anonyme parisienne des Ateliers Thomé et Génot puis en 1919 par les établissements Brissonneau et Lotz. Marcel Brissonneau y fonde une usine de construction mécanique spécialisée dans la réparation du parc ferroviaire de la Compagnie du Nord endommagé pendant la Première Guerre mondiale. A sa création l’usine située en partie sur la commune de Creil occupe une superficie de 102 470 m² dont 5700 m² de bâtiments construits (ateliers de fabrication et bureaux) le long de la rue Louis-Blanc. Elle est desservie par un embranchement ferroviaire particulier et possède un pont transbordeur. A partir du début des années 1930, l’usine se spécialise dans la fabrication du matériel ferroviaire : wagons, voitures grandes lignes et autorails diesel-électrique. De nouveaux ateliers de fabrication et une infirmerie sont construits vers l’est et le sud sur la commune de Creil. En 1939, la production s’élargit avec la construction de bombardiers légers appelés « Léo 45 » qui emploie 3000 personnes. Cette activité est transférée au début du conflit et jusqu’en juin 1940 dans les carrières souterraines de Saint-Leu-d’Esserent. Entre 1930 et 1945 la surface des bâtiments passe de 19 500 à 24 000 m² (constructions d’ateliers de fabrication mécanique, d’un atelier de menuiserie, de bâtiments de stockage). En 1947, les plans du nouveau bureau d’études sont déposés : ils permettent de doubler la surface existante afin de répondre à l’accroissement du personnel des dessinateurs. Les travaux sont réalisés en 1957 par l’architecte Pierre Varenne et cinq entrepreneurs du bassin creillois. Au cours de la décennie 1950, l’usine Brissonneau, avec l’aide de la société Chausson, crée la première rame de métro sur pneus (1952) et construit le « Boisavia », un petit avion de quatre places d’une puissance de 180 CV (1956-1958). Pendant la même période, l’usine fabrique 235 voitures « Louis Rosier » équipées d’un moteur de 4 CV ainsi que « la Floride », une voiture sportive. A la fin de la décennie 1950, la société Brissonneau est restructurée : l’usine se spécialise dans la fabrication d’automobiles, la production de locomotives cesse définitivement. Cette spécialisation induit des changements dans la configuration des bâtiments : agrandissements des ateliers tôlerie, changements d’affectation (l’atelier de menuiserie devient atelier de confection-sellerie), destructions et constructions vers l’est des chaînes de fabrication destinées au montage mécanique de la Floride. En 1963, la fabrication des fourgonnettes 4L est transférée de l’usine Renault de Flins (78) à Montataire et l’usine lance la production des limousines « Parisiennes ». Au cours de la décennie 1960, l’activité de l’usine s’accroît avec l’arrivée de nouveaux marchés : la société Matra confie la peinture et le montage du modèle automobile 530, Renault, la fabrication de son Estafette et Opel la fabrication du modèle automobile GT. 31 000 voitures sont produites en 1960, 165 000 en 1969. A cette date, pour répondre à cette forte demande, la société Brissonneau achète 14 300m² de terrains vers le sud-est pour y créer un parking automobile, elle crée également un bureau d’études dans l’ancien bâtiment de stockage des pièces ferroviaires et un centre social. En 1972, les Etablissements Brissonneau et Lotz sont rattachés à la Société Chausson. La même année, Peugeot fait fabriquer dans l’usine les modèles Coupés et Cabriolets de la 304. Dès 1973, un vaste programme d’extension est engagé : agrandissement du bâtiment G (décapage de pièces à l´aide de diluants), Z3 et Z4 (bâtiments finition retouche) Z5 (atelier de réglage des moteurs de véhicules en sortie de chaîne), JJ1 (tôlerie et réparation des fonds, atelier de traitement de surface), construction du bâtiment de dépôt de vernis et de peinture en remplacement de bâtiments plus anciens. Des véhicules utilitaires sont également produits entre 1974 et 1980. Au milieu des années 1970, la capacité de production est de 650 véhicules jour pour 3600 personnes. En juillet 1980 Renault lance la fabrication du Trafic destiné à remplacer l’Estafette : sur le site de Creil-Montataire sont réalisées les opérations de peinture, de garnissage et de montage mécanique. La période 1985-1996 est marquée par une crise qui conduit à la fermeture de l’usine en 1996. Les locaux industriels et les installations du site Chausson sont partiellement démontés (suppression de la piste d’essai, destructions de magasins). En 1997, l’ancien site de fabrication devient une zone franche, les Marches de l’Oise, où sont implantées sur 30 hectares 83 entreprises. Depuis, le parc nord des véhicules ainsi que le parc des véhicules du personnel ont été investis par un cinéma, un restaurant et par un espace de rencontre dont la construction en tôles laquées et ondulées colorées rappelle les origines du lieu. Il reste plusieurs bâtiments (bureaux d’études, centre social, infirmerie, ateliers de fabrication, comité d’établissement) le long de la rue Louis-Blanc et au coeur de l’ancien site de production.
Documentation :
Photothèque Les Marches de l'Oise :














































































































